« Elvira Madigan » par Ange de Saint Mont,
deuxième édition, roman, 144 p., 10 € ISBN 2-84755-000-3
  Ce roman a été remarqué au Salon du Livre de Paris en 1999 pour l'originalité de sa construction. Le texte est coupé en petits passages de deux à trois pages, associés à la valeur d'une carte à jouer, et un tableau aide le lecteur à retrouver l'extrait correspondant à sa carte. Il suffit de prendre un jeu de cartes et de lire et relire ce roman, suivant le hasard de la carte choisie.
   Sujet : Un homme d'âge mûr, mais qui grandit bien tardivement, rencontre une adolescente mature avant l'âge. Il est maladivement romantique, elle est désespérément pragmatique. Il cherche une vraie histoire d'amour, elle, à faire de l'apprentissage des jeux amoureux. Cette aventure est-elle condamnée d'avance ? Qui gagnera cette partie ? La réponse est semblable à la vie même et n'a rien de romanesque.
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Extrait :

  Elvira tira le coin du drap sous son menton et me dit subitement :
  — Je voudrais tellement avoir un enfant avec toi.
  Elle avait l'air très inquiet. Je restai interdit, cette enfant pensait déjà à en avoir un avec moi. Elle me sondait de son regard soucieux de ne pas manquer ma réaction. Était-ce une sorte de test de sa part ? Je ne dis rien, me cachai derrière le silence. Alors, elle sourit avec une note de mépris dans le coin de ses lèvres et ajouta :
  — Pas maintenant, bien sûr. Plus tard.
  Oh ! Elvira, que je regrette de ne pas t'avoir fait ce bébé !
  L’avant-veille, tu m’avais demandé, lorsque nous nous étions trouvés sous le même drap :
  — Promets-moi de faire attention. Je ne voudrais pas tomber enceinte.
  Je t’avais donné ma parole et je la tins. Quel sot j'étais !
  Bien sûr, c’était un projet irréel, mais parfois je pense à cet enfant. Il pourrait changer bien des choses, retenir le temps avec ses faibles mains de bébé. Alors, je me demande comment nous pourrions l'appeler. Et d'abord, qui pourrait-il être, un garçon ou une fille ? Les jeunes mamans chérissent particulièrement l’idée d’avoir un garçon, elles ont leurs raisons. Personnellement, j'aurais préféré une fille. Car, avec un peu de chance, je ne serais encore pas très vieux, lorsqu’elle aurait ses quinze ans. Et qui sait, je pourrais, peut-être, devenir son premier amour, puisque je ne réussis pas à l'être pour toi. Lorsque tu te couchas dans mes draps pour laisser à jamais la trace de ton corps dans mon âme, tu n’étais plus vierge, ma chère enfant. Tu avais donc aimé. Tes amants platoniques avaient-ils été nombreux ? Tes idées étaient encore vagues, tes envies fraîches, mais un petit garçon quelconque t’avais déjà montré le chemin du plaisir, comprit-il seulement la chance qu’il avait eue ?

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« Münchhausen »

« Époux »

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