Tout auteur passe tôt ou tard par cette épreuve : envoyer le manuscrit à un éditeur. Ce n’est pas un pas facile à effectuer, mais il paraît encore moins anodin, lorsqu’on apprend que 10 % des manuscrits sont rejetés à cause de leur mauvaise présentation. Quelles sont donc les exigences des éditeurs ? Nous avons contacté plusieurs éditeurs, aussi bien grands que petits, et les avons questionnés à ce sujet. Bien entendu, les réponses varient d’une maison à l’autre, mais, en règle générale, les petits éditeurs sont plus exigeants. Cela s’explique parfois par le manque de moyens des petits éditeurs qui ne peuvent se permettre de ressaisir un texte mal dactylographié. Cependant, grands ou petits, tous sont d’accord pour dire qu’un trop grand nombre de fautes (d’orthographe ou même de ponctuation) condamne d’avance le manuscrit. Tous préfèrent également les manuscrits dactylographiés sur papier aux documents électroniques ou aux textes écrits à la main (il y en a encore qui les acceptent !).
Le service des manuscrits de Gallimard, par exemple, n’a pas d’exigences particulières, mais préfère de loin les manuscrits dactylographiés sur papier (ordinateur ou machine à écrire), au recto de la page seulement. Ils rejettent presque systématiquement les textes écrits à la main. Les paramètres par défaut de Word, par exemple, leur conviennent tout à fait. Il est cependant inutile d’essayer de faire un livre ou de choisir des caractères fantaisistes : le Times, le Courrier ou l’Arial sont suffisants. Une marge de 2 cm à peu près, un interligne simple, l’essentiel est que le manuscrit soit lisible. Les fautes fréquentes d’orthographe peuvent devenir un obstacle. Cette maison ne demande aucune enveloppe de réexpédition jointe et garde pendant un mois le manuscrit refusé, afin que vous puissiez le récupérer.
Chez Grasset, on aime autant qu’une disquette soit jointe au manuscrit dactylographié, car ainsi ils peuvent ressortir sur papier le manuscrit mal mis en forme. Le format du document électronique n’a pas d’importance, la maison étant bien équipée pour récupérer n’importe quel format. Du reste, les exigences sont les mêmes : texte dactylographié au recto de A4, marge normale, interligne normal, police de 12 des caractères ordinaires. La maison ne demande aucune enveloppe de réexpédition jointe et garde pendant un mois le manuscrit refusé, afin que vous puissiez le récupérer.
Les éditions Laffont, comme c’est de plus en plus le cas dans les grands groupes, ont un comité de lecture commun avec les éditions du Nil, Julliard et Seghers. Ils demandent que les manuscrits soient dactylographiés au recto seulement, en caractères lisibles de 12, avec des marges de 2,5 cm de manière à avoir une trentaine de lignes par page. Les textes écrits à la main sont refusés. Les documents électroniques ne sont pas acceptés. Par contre, le manuscrit refusé est gardé pendant 2 mois.
Passons maintenant aux petites maisons d’édition. Aux éditions Ivoire-claire, par exemple, tous les manuscrits dactylographiés sont acceptés, la correction est par contre aux frais de l’auteur, mais après l’acceptation du texte. Une disquette est demandée dans ce cas, sinon le manuscrit est retourné à l’auteur aux frais de l’éditeur. Les textes écrits à la main ou les envois électroniques sont systématiquement refusés. Il est préférable que le manuscrit soit dactylographié sur le recto seulement et, très important, qu’il soit relié.
D’autres éditeurs exigent, en majeure partie, des marges de 2 à 2,5 cm, des polices conventionnelles (Times, Arial, Courrier) de 12 points, des paragraphes avec un retrait à la première ligne et une enveloppe timbrée pour le renvoi du manuscrit.
Bien entendu, nous avons posé la question sur les exigences envers les manuscrits au comité de lecture des éditions de Saint Mont qui publient le JL. Il est vrai que ce comité est restreint : ils ne sont que deux, mais ils ont des exigences pour quatre. La maison accepte des documents électroniques, essentiellement pour les nouvelles courtes, les poésies ou les ouvrages illustrés. Pour les textes de plus de cent pages, les manuscrits sur papier sont préférables. Il faut que le texte soit dactylographié sur le recto seulement (pages format A4), avec des marges de 2 cm environ, un interligne simple, des polices (Times, Courrier ou Arial) de 12, noir sur blanc. Il est inutile d’essayer de faire un livre. Les manuscrits sont rarement retournés, car les marges sont utilisées pour les remarques. La ponctuation est très importante, son absence peut provoquer le rejet du manuscrit. Le paragraphe étant un signe de ponctuation, les retraits au début du paragraphe sont exigés. Pour les documents coûteux (photocopies couleur des illustrations, par exemple), il faut joindre une enveloppe de retour affranchie au poids du document.