La tolérance ? Il y a des maisons pour cela !
Paul Claudel.
J'accuse le ministère de l'Éducation nationale d'avoir incité les Français à la débauche, au déguisement transsexuel, à la perversion et à l'assassinat de plusieurs mots de la langue française ! (Quel dommage que Zola soit mort, il vous aurait remonté les bretelles !)
Dans son arrêté ministériel du 28 décembre 1976 et suivants, l'Éducation nationale avait froidement incité les Français :
1° à assassiner le "n" explétif [§29, arrêté du 28,12,76], le trait d'union dans les inversions (crois tu?), les nombres (dix huit) et les mots composés (arc en ciel) [§33, arrêté du 28,12,76], l'accent circonflexe sur les voyelles a, e, i, o, u [§32, arrêté du 28,12,76], l'imparfait du subjonctif [§7, arrêté du 28,12,76] (« Peut-être bien que non, répondit, avec prudence, Alice, mais à mon cours de musique on m'a appris à marquer le temps. » - « Ah ! dit le Chapelier, voilà qui explique tout. Le Temps n'admet pas qu'on le veuille marquer comme le bétail. » Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll)
2° à multiplier les centaines et les noms de famille (six cents trente quatre, les Duponts) [§§17 et 19, arrêté du 28,12,76]
3° à castrer pour féminiser les participes et les locutions (J'aime tous les sports, exceptée la boxe ; Ci-incluse la pièce demandée) [§§13a et 13c, arrêté du 28,12,76], le pronom on (On est restées seules) [§9, arrêté du 28,12,76], sans parler de récentes incitations au déguisement transsexuel des mots aux mérites séculaires (la professeur [à notre service depuis le XIIe siècle], la ministre [à notre service depuis le XIVe siècle], etc.)
Voici les résultats de cette barbarie : dans le Monde, pour ne citer que celui-ci, il a été prélevé depuis le début de cette année
1° l'absence de "ne" explétif 52 fois, l'absence de trait d'union dans les mots composés 15 fois, l'absence de l'imparfait du subjonctif 354 fois
2° le mot "cent"au pluriel suivi du reste du nombre 7 fois
3° le participe au féminin en précédant le mot auquel il se rapporte 12 fois, "On" entraînant au pluriel ou au féminin 24 fois, "la ministre" une multitude de fois.
De simples coquilles ? Allons donc! Je ne vous parle même pas des revues comme 20 ans ou Biba. Et la télévision française? Avez-vous seulement écouté le Journal télévisé, sans parler des émissions de M6?
Et voici ce qui nous attend :
Il y a un peu plus d'un an, une bonne femme allemande a déposé une plainte contre la langue allemande. Elle l'accusait d'être par trop compliquée pour que son enfant parvînt à avoir de bonnes notes. Une aberration ? Pensez-vous ! Cette plainte a été soutenue par le ministère de l'Éducation allemande et par un groupe d'éditeurs suisses. Et bien ! ils ont réformé la langue allemande. Même l'alphabet allemand en a pris pour son grade : plus de ß, mais un ss. La bonne femme allemande a découvert que son enfant était aussi nul après la réforme. Les éditeurs suisses se sont mis au travail, car il faut maintenant rééditer tous les manuels et tous les classiques!
Alors sommes-nous près d'accepter une réforme assassine de notre propre langue ? Si ces ministres féminisants veulent restaurer une certaine justice, ils devraient penser aux hommes également : pourquoi devons-nous supporter d'être la sentinelle, la dupe, la brute, etc. ? La langue est une sagesse vivante, et il est préférable d'écouter les sages plutôt que d'essayer de les mutiler. La langue accepte d'elle-même et en son temps et lieu tous les changements utiles. Il ne faut jamais la brusquer. Oublions notre frénésie maladive de la vie moderne à la vitesse grand V, car le vrai luxe, c'est prendre le temps de vivre.
Une dernière chose : j'en ai assez de me faire traiter de Mister (Mr) par tous les organismes officiels et bancaires, je suis un monsieur (M.) et heureux de l'être !
M. de Saint Mont