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cet extrait d'article est tiré du Journal Littéraire n°90 (printemps 2011) ISSN 1625-9726

Shakespeare par Zemmour
présenté par Jean-Philippe Aizier

   William Shakespeare (1564-1616), est sans doute l’auteur de langue anglaise le plus célèbre de tous les temps. Il est surtout connu pour ses trente-huit pièces de théâtre, toutes traduites en français et régulièrement jouées dans les théâtres du pays de Molière, comme Hamlet (1599-1601), ou encore Roméo et Juliette (1591–1595). Mais ce qu’on a tendance à oublier, c’est qu’en plus d’être un dramaturge populaire, Shakespeare était aussi un très grand poète. On l’appelle d’ailleurs The Bard of Avon (Le Barde de l’Avon) du nom de sa région d’origine, et il est célébré depuis toujours comme étant le "poète national" d’Angleterre. Ceci est une très grande réussite pour celui que le poète Robert Greene (1558-1592), l’un de ses contemporains, nommait The Crow (Le Corbeau). En effet, William Shakespeare n’était pas uniquement un auteur « de cour », qui n’écri­vait que pour une certaine élite aristocratique : en vérité, il écrivait pour tout le monde. Il y a d’ailleurs réussi, car ses œuvres, aujourd’hui, sont lues et célébrées dans le monde entier. Or, si ses pièces de théâtre sont présentes à l’esprit du grand public, il n’en est pas de même pour ses poèmes.

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Shall I Die?

1
Shall I die ? Shall I fly
Lovers’ baits and deceits,
sorrow breeding ? Shall I tend ? Shall I send ?    
Shall I sue, and not rue
my proceeding ? In all duty her beauty
Binds me her servant for ever.
If she scorn, I mourn,
I retire to despair, joying never...
Dussé-je mourir?

1
Dussé-je mourir ? Ou vais-je fuir,
De l’Amour, tous ces rets captieux,
Qui m’ont rendu si malheureux ?
M’attacherai-je, m’arracherai-je?
M’accrocherai-je, renoncerai-je, à ces atours ?
Mal gré que j’en aie, sa beauté
M’enchaîne à elle à tout jamais.
Si elle m’ignore, moi je m’éplore,
Je désespère,
M’exile en moi,
Sans joie...
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